Dernière quinzaine en Tanzanie

Après ma journée passée chez Colin et Laura et mes deux nuits sous tente dans leur superbe jardin, j’ai envie de reprendre la route vers l’Ouest en évitant les axes goudronnés.

After my day spent with Colin and Laura and two nights camping in their beautiful garden, I want to hit the road westward avoiding  paved axes.

J’ai bien essayé d’intégrer un groupe de touristes allant au cratère de Ngorongoro en faisant le tour des lodges, mais aucun n’a vraiment cherché à m’aider dans ce sens.

Colin m’avait indiqué que des pistes au départ du Park de Ngorongoro rejoignaient la route de Mwanza au Sud du lac Victoria, longeant le lac Eyasi par le Sud. Toutefois ces pistes ne sont pas forcément très fréquentées et il n’en connait pas vraiment l’état.

Par contre, il a un ami qui tient le lodge «Kisima Ngeda» sur les rives à l’extrême Est du lac Eyasi. Christian, d’origine allemande, en est propriétaire depuis plus de dix ans et connait le secteur.

Jusque chez lui : une superbe piste très roulante de latérite et de sable.

J’y serai formidablement accueilli. Christian me confirme que la piste est praticable (en tout cas jusqu’à l’autre extrémité du lac car il n’est jamais allé plus loin) et qu’un des tronçons est en réfection. Il m’offrira un super gueuleton pour, comme il dit, me donner des forces pour le trajet à venir.

Je décide donc de partir dans cette direction.

I tried to integrate a group of tourists from the Ngorongoro Crater in going around the lodges , but no one has really tried to help me in this direction.

Colin had told me at the start of the ski Park Ngorongoro joined Mwanza Road south of Lake Victoria, along Lake Eyasi in the south. However, these tracks are not necessarily busy and do not really know the state they are in.

By cons , he has a friend who runs the lodge  » Kisima Ngeda  » on the River in the extreme east of Lake Eyasi. Christian , of German origin, owns more than ten years and knows the area.

His home : a beautiful smooth area laterite and sand.

I am tremendously welcomed . Christian confirms that the trail is passable (at least until the other end of the lake because it never went away) and one of the sections is under repair . It offers me a great blowout for, as he says, give me strength for the journey ahead.

So I decided to go in that direction.

Cette zone est isolée de tout. Y vivent en parfaite entente deux ethnies différentes. Des Bushmens qui n’ont pas vraiment de ressemblance avec ceux rencontrés en Namibie, et des Datoga.

Le premier Bushman que je rencontrerai sera assez rigolo !

This area is isolated from everything. Y live in perfect harmony two different ethnic groups . Of Bushmen who do not really have resemblance to those encountered in Namibia and Datoga .

The first Bushman I meet is pretty funny!

Je fais une pause le long de la piste après un franchissement difficile (la piste est bien en travaux mais une pluie torrentielle est tombée quelques heures auparavant et l’a complètement ravinée par endroits. J’avais bien remarqué une case en terre pas très loin mais n’y avais pas prêté plus attention que ça. Soudain, un homme crie et gesticule en grands mouvements m’invitant à le rejoindre.

« Karibu ! Karibu ! »

J’y vais. Celui-ci vient de terminer la réparation de son arc. Assis sur un tabouret de bois il est en train d’écouter de la musique sur un poste radio made in china qu’il est fier de m’exhiber!

Il ne parle pas anglais mais arrive à me faire comprendre que les piles de sa radio sont faibles et me demande si j’en ai à lui offrir !

Désolé de ne pas pouvoir lui venir en aide, je repartirai après quelques échanges gestuels et une photo de lui et son épouse devant la case.

I take a break along the track after a difficult crossing (the track is under construction but torrential rain fell a few hours ago and completely furrowed places. I noticed a mud hut not far but had not paid more attention to it . Suddenly a man shouts and gesticulates in large movements inviting me to join.

 » Karibu ! Karibu ! « 

I will . It just finished repairing his bow. Sitting on a wooden stool he is listening to music on a radio station made ​​in china that is proud to show me!

He does not speak English but manages to make me understand that the batteries are low on his radio and asks me if I have to offer !

Sorry not able to help him , I will leave after a few gestural exchanges and a photo of him and his wife in front of the box.

Quelques heures plus tard et après de nombreux passages très difficiles, je m’embourbe dans une flaque de boue dont la surface avait pourtant l’apparence de sable dur.

Un énorme camion-remorque est également coincé ici depuis deux jours, et au moment où, avec l’aide du chauffeur du camion, j’arrive à me sortir d’affaire, un 4X4 arrive en sens inverse et crève un pneu juste avant de franchir le même passage maudit !

A few hours later and after many very difficult passages , I bogged down in a mud puddle whose surface had yet the appearance of hard sand .

A huge truck -trailer is stuck here for two days, and when , with the help of the lorry driver , I can bail out me an oncoming 4X4 and bursts right front tire cross the same damn way!

Dans le 4X4, un homme parle anglais et me dit que la piste n’est en travaux que depuis peu, et par conséquent seulement rabotée sur les 100 kms qui suivent. Par conséquent il y a des tronçons de boue très difficiles et des crevasses gigantesques remplies d’eau à chaque futur radier. Il me conseille de couper à travers brousse en direction du lac pour rejoindre l’ancienne piste qui sera bien plus facile.

Suivant ces conseils, me voilà à zigzaguer entre les marécages, les bancs de sable et les quelques cases dispersées sur des kilomètres.  La nuit arrivant, je décide de planter la tente au milieu de nulle part et serai vite rejoint par une famille Datoga. Si les enfants sont heureux que je les prenne en photo, les adultes quant à eux sont très rétissants, surtout les femmes qui refusent catégoriquement. Les hommes sont assez ressemblants aux Masaïs sur le plan vestimentaire. Quant aux femmes, elles portent une multitude de bracelets de cuivre aussi bien aux poignets qu’aux chevilles.

J’échange une moitié de pain contre de l’eau et passerai une très bonne nuit sous tente.

In the 4X4 , a man speaks English and told me that the track is not working until recently and therefore only planed on 100 kms below. Therefore there are very difficult stretches of mud and huge cracks filled with water at each future strike . He advised me to cut through the bush towards the lake to the old track will be much easier .

Following these tips , I am zigzagging between swamps, sandbanks and a few huts scattered for miles. The coming night , I decided to pitch the tent in the middle of nowhere and am soon joined by a Datoga family. The children are happy that I take a picture , adults meanwhile are very resistant especially women who refuse categorically . Men are quite resembling the Masai in terms of dress . As for women , they carry a multitude of copper bracelets on the wrists as well as ankles.

I exchange a half of bread against water and spend a great night in tents.

Le lendemain après quelques galères en traversant une rivière boueuse, j’arrive enfin au village de Matala. Heureux d’y trouver des petits commerces pour acheter de l’eau et des biscuits, je reste plus d’une demi-heure à discuter avec les quelques habitants parlant un peu anglais, le tout en oubliant de couper le contact de la moto, feux allumés.

The next day after a few galleys across a muddy river , I finally get to the village of Matala . Happy to find small shops to buy water and biscuits , I left half an hour talking with a few people who speak a little English, while forgetting to turn off the ignition of the bike, fires .

Conclusion, la batterie se décharge et je parviens difficilement à redémarrer la bestiole.

A peine reparti de quelques minutes, et à la vue d’un énorme baobab, je décide de refaire une pause loin de la foule. Erreur ! Cette fois-ci, la moto ne redémarrera plus : Batterie trop faible.

Finally, the battery discharges and I manage difficult to restart the beast .

Just a few minutes left , and the sight of a huge baobab , I decided to redo a break away from the crowd. Error! This time, the bike does not restart : Battery too low .

Je suis à plus de 10 kms du village. Un type passe  à vélo mais lorsque je l’interpelle, il prend peur et j’aurai juste le temps de le voir s’enfuir en danseuse sur sa bicyclette en criant comme un dingue. Finalement un autre type arrive en moto et après l’avoir rassuré comme je pouvais, il acceptera de m’emmener derrière sa pétoire jusque Matala où je trouverai une batterie chargée et me ferai redéposer au pied de mon baobab après une balade épique, assis sur le porte bagage du propriétaire de ladite batterie.

Je redémarre et ne m’arrêterai plus pendant presque deux heures pour être sûr que ma batterie soit rechargée.

Puis soudain, un orage approche, je n’ai encore une fois pas vraiment le temps de trouver un abri et serai rincé comme une soupe en moins de 5mn. Quand j’arrive dans un village aux habitations de briques rouges, je m’approche de l’une des cours, et des enfants m’invitent à venir m’abriter dans une de ces petites constructions.

Je ne vois pas d’adultes. Les enfants me font partager un plat de foufou (ça faisait longtemps, depuis l’Afrique de l’Ouest, que je n’avais pas vu de manioc) avec une sauce verte gluante. Soudain la pluie cesse et les parents arrivent. Sur le coup j’ai eu peur de l’éventuelle réaction qu’ils auraient pu avoir en me voyant en train de manger avec leurs enfants. Mais bien au contraire, très souriants, ils iront chercher un jeune qui parle anglais et après quelques échanges accepteront volontiers que je dorme sous tente devant leur maison.

I am more than 10 kms from the village. A guy goes bike but when I calls , he gets scared and I just have time to see him run out of the saddle on his bicycle shouting like crazy . Finally another guy comes in and motorcycle after reassured as I could, he agrees to take me behind the Blaster Matala until I find a charged battery and will redeposit me in front of my baobab after an epic ride , sitting on luggage owner of said battery door.

I restart and stop me for almost two hours to make sure my battery is recharged.

Then suddenly , a storm is approaching , I again not really the time to find shelter and will be rinsed as a soup in less than 5 minutes . When I arrive in a village with houses of red brick , I approached one of the courts , and children invited me to come and take shelter in one of these small buildings .

I do not see any adults. Children make me share a dish fufu ( it’s been awhile since the West Africa , I had not seen cassava ) with a slimy green sauce. Suddenly the rain stops and the parents arrive. At the time I was afraid of the possible reaction they might have saw me eating with their children. But on the contrary , very cheerful , they will find a young person who speaks English and after a few exchanges will happily accept that I sleep in a tent in front of their house.

Le lendemain je retrouverai une magnifique piste de latérite rouge jusqu’à Isenke. Je suis dans un secteur très fertile et les habitants toujours aussi souriants m’inviteront à les rejoindre dans les champs.

The next day I will find a beautiful red-dirt track until Isenke . I’m in a very fertile area and always smiling people invite me to join them in the fields.

Une fois la route de goudron atteinte, il ne me faudra pas plus de quelques heures pour arriver à Mwanza.

Là-bas il pleut un peu. Comme à chaque fois dans les villes un peu plus grandes, l’accueil n’est pas aussi bon. Certaines personnes viennent m’aborder légèrement alcoolisées. Les seuls hôtels bon marché que je trouve n’ont pas de parking. Je décide de m’éloigner du centre et arrive dans un quartier résidentiel. J’y vais au culot : voyant une énorme habitation derrière une barrière surveillée par deux gardiens, je leur demande qui loge ici. Apriori ce sont des volontaires américains travaillant dans l’hôpital de la ville. Je demande aux gardiens d’aller chercher quelqu’un pour demander l’autorisation de planter la tente.

Les personnes qui arriveront finiront par accepter que j’entre, mais à peine après qu’ils m’aient montré un coin de jardin, ils iront se réenfermer à double tours dans leur maison de maître et je ne les reverrai jamais.

Once the tar road is reached, it will not take me more than a few hours to get to Mwanza .

There it rains a little. As always in some larger cities, the reception is not as good. Some people come tackle me slightly alcoholic . The only cheap hotels that I find do not have parking. I decided to get away from the center and into a residential area. I go to the pellet : seeing a huge house behind a fence monitored by two guards , I ask them which houses here . in priori are American volunteers working in the city hospital . I asked the guards to pick someone to request permission to pitch the tent .

People who arrive eventually accept that I enter, but only after they showed me a corner of the garden , they will be closed in the double towers in their mansion and I never see them again .

Ce seront les gardiens qui auront la gentillesse de me montrer un robinet d’arrosage au fond de la cour et une latrine réservée au personnel.

Bon en même temps je ne vais pas critiquer, j’ai eu ce que je voulais… Mais même s’il ne faut pas généraliser, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que côté accueil je suis content d’avoir choisi l’Afrique plutôt que la route 66 !

Le lendemain matin, pris d’une fringale terrible, je me payerai un super petit dèj buffet à volonté dans l’un des hôtels un peu chics de la ville, avant de reprendre la route estomac et poches pleines, en direction de la frontière Burundaise.

Après une petite traversée en bateau sur une des artères du lac Victoria, je rejoins un goudron très roulant et je passerai ma dernière nuit en Tanzanie dans un coin perdu en brousse. Ma tente à peine plantée, un vieux arrivera me proposant d’aller dormir chez lui. Je refuse gentiment en essayant de lui expliquer que je suis bien ici dans ma tente, et une heure plus tard il reviendra avec un bidon d’eau !

This will be the custodians who have the kindness to show me a hose pipe at the bottom of the course and a latrine reserved for staff .

Good at the same time I’m not criticizing, I got what I wanted … But even if we should not generalize , I could not help thinking that I’m home side glad I chose Africa rather than route 66 !

The next morning, took a terrible craving , I will pay a great little dèj buffet in one of the hotels a little fancy of the city, before resuming the road and pockets full stomach , towards the Burundian border .

After a short boat ride on one of the arteries of Lake Victoria , I joined a very fast tar and spend my last night in Tanzania in a remote bush . My tent just planted the tent, an old arrives offering me to go home to sleep . I refuse politely trying to explain to him that I am here in my tent, and an hour later he comes back with a bottle of water!

Voilà, je ne pensais pas remettre un article concernant la Tanzanie, mais cette dernière quinzaine plus à l’Ouest et loin des zones touristiques valait le coup !

La route vers le Burundi est magnifique.

Well, I did not think back an article on Tanzania, but the last fortnight further west and away from the tourist areas worth it!

The road to Burundi is beautiful.

Asanté Tanzania ! 

11 réponses à Dernière quinzaine en Tanzanie

  • Éliane dit :

    Oh WOWOWOWOWOWOW !

    Tu sais que je te suis religieusement cher ami voyageur ? Comme j’ai hâte de ramasser mes sous et partir comme tu le fais ! Un projet de vie ! A quand le Canada ? Je t’accueillerai bras ouverts !

    Mais en attendant, reste prudent et amuse toi comme un fou !!!! :D

    Bonne continuation et continue de me faire rêver !!!! :) ))) A bientôt, Inchalah !

    La p’tite Québécoise xxxxx

  • Olivier et Isabelle dit :

    Comme d habitude, superbe !
    Fais gaffe à toi.
    Isabelle et Olivier

  • d'Artagnan dit :

    Salut à toi
    Bon … !!!! tu perds les bonnes vieilles habitudes
    déjà …
    article 1 du motard baroudeur … couper le contacte de la moto quand on s’arrête !!!
    article 2 – ne pas effrayer l’autochtone à vélo qui pourrait te dépanner !!!

    super ta fin de voyage en Tanzanie, on retrouve le  » Luc  » qui plante sa tente n’importe où .. même dans le jardin de la villa d’un riche !!!!
    à bientôt
    bizzzzzzz
    d’Artagnan

  • hello l’ami,

    félicitation pour ton énergie, je vois que tu es inusable et pourtant… le voyage use.

    au début de l’article je me suis dit chouette il va tenter de rentrer par des voies détournées dans le parc national, mais si tu ne l’as pas fait je me doute que ce n’est définitivement pas possible.

    en tout cas bon courage pour la suite des aventures et continue on apprécie !

    JF.

  • GORECKI Annie dit :

    Salut copain,
    toi qui me disais que tu aimerais faire comme ma fille et partir, on peut dire que tu l’as fait; je lis toujours avec beaucoup de plaisir tes aventures, tu devrais en faire un livre, lorsque tu reviendras,
    si tu reviens ….. j’espère que tu viendras me voir, pour ma part, j’ai tout le temps de te recevoir, puisque je suis en retraite depuis le 20 décembre YOUPI mon mari et moi nous allons commencer à voyager le 3 février nous partons pour le Cambodge vive la vie. Bises et à bientôt pour de nouvelles aventures.

  • Mike dit :

    j’ai bien rigolé de ta rencontre avec le cycliste.
    J’imaginais la scène toi en motard à courir derrière un pauvre gars en criant « je ne suis pas méchant ».
    bonne route

  • renard dit :

    Ah oui ! toujours penser à se raser de près avant tout entretien avec des américains . Tu as quand même risqué peut être Guantanamo !J’apprécie ton sens du voyage et la plénitude de ton sommeil sous tente loin de tout ! Mais ces autochtones sont finalement des hommes de coeur.Ton article illustre à merveille les vrais risques : la proximité des hommes prétendus « civilisés ». Dis moi, cette moto, est-elle de + en + lourde ?? Quel achat pour ton prochain trip ?
    Je t’encourage et te souhaite le bien

  • hervé et Conchi dit :

    Salut Luc,
    C’est toujours un très bon moment de lire tes aventures. Cela donne vraiment très envie de voyager. On te souhaite simplement une très bonne année. Et enfin, on aura vu un cycliste sur une piste !
    Hervé et Conchi

  • VINCENT dit :

    c’est magnifique, bon courage, c’est une aventure extraordinaire…
    les bretons

  • pineau dit :

    comme d hab superbe photo et toi j espere que tu va bien
    ta raison sur une chose c est mieux l afrique que la route 66
    mais bon vu ma passion j aimerais faire un ptit tour un jour sur ceux a bientôt

  • MASSON YVES DE SON BLASE "SPYDERMAN" dit :

    Bonjour Luc,
    Toujours agréables de suivre tes reportages photos ainsi que les anecdotes du Grand Run Africains et ta remonté vers la France, a l’occase fait nous voir ta tronche pour que ce cycliste soit si effrayé!!!! Et la bécane plus de casse tout à l’air de rouler??
    J’ai bien reçu tes supers tee shirts espérant que ce sponsoring puisse mettre un peu d’essence dans l’bidon pour rouler!!!(quand t’as du jus)
    @+ le baroudeur

Répondre à Olivier et Isabelle Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>